Notre rôle

À toutes les époques de l’église, se sont manifestées des personnes qui ont répondu aux problèmes de leur temps. La lucidité, et donc la souffrance devant la maladie de leur époque, leur ont fait chercher activement les moyens de la guérison.

Bien sûr, c’est l’amour qui a provoqué cette souffrance et qui les a incités à agir. L’amour qui donne la lucidité et qui pousse à l’action.

Quelques exemples suffiront :

~ Au VIème siècle, Saint Benoît, devant la tragédie consécutive aux invasions barbares, crée la vie monastique en Europe.

 ~ Devant l’ignorance et la peur, les clunisiens puis les cisterciens partent « au désert » dans des endroits insalubres, pour bâtir et planter. Ils construiront l’Europe.

~ Au XIIIème siècle, Saint François d’Assise, dans une société devenue plus citadine, prêche la pauvreté du cœur et le retour à la simplicité évangélique.

~ La décadence des mœurs ecclésiastiques et les premiers assauts du matérialisme suscitent Sainte Thérèse d’Avila et Saint Jean de la Croix.

~ À la guerre et à la misère, répond Saint Vincent de Paul qui travaille à l’organisation de la bienfaisance.

Aujourd’hui aussi, la situation est tragique. La misère des cœurs et des âmes est extrême.

Nous avons la lucidité de le reconnaître. Nous agissons déjà en restant fermes dans l’épreuve. Mais, cette action fondée sur l’unité dans la vérité doit répondre aux besoins de notre temps.

~ ~ ~ ~ ~

Quels sont les problèmes majeurs de notre temps ?

Premier problème : La division qui a sapé les bases mêmes de notre civilisation au point que les hommes ne voient plus de valeurs stables, de fondements solides. Tout a l’air flottant, sans origine et sans but. La division qui engendre la haine de soi et de ses propres frères.

Deuxième problème : Le manque de prêtres qui sape les bases mêmes de l’église, qui incite à tenter de construire une église sans prêtres et donc contraire à la volonté exprimée par Jésus-Christ.

Il faut rappeler la phrase du Christ ressuscité qui dit, en désignant Saint Jean - l’apôtre qui était au pied de la croix, donc l’apôtre qui représente le Sacerdoce - : « s’il me plaît qu’il demeure jusqu’à ce que Je revienne » (in Saint Jean 21, 22). Bien sûr, ce n’était pas l’apôtre Jean, mortel comme tous les hommes, qui devait rester jusqu’à l’avènement du Christ. Saint Jean lui-même l’explique dans ce passage de l’évangile. Non, c’est le Sacerdoce qui est appelé par Jésus à demeurer jusqu’à ce que Jésus revienne en gloire.

Il n’existe pas d’église sans Sacerdoce.

Troisième problème : Le refus de la maternité en général qui sape les bases de notre société, qui provoque une baisse de la démographie conduisant à terme à l'extinction des communautés et qui participe d’un refroidissement des cœurs.

Attaques contre l’unité, contre le sacerdoce et contre la maternité.

Nous retrouvons la souffrance de l’Abbé Largier et son combat pour l’unité et tout particulièrement pour l’unité du sacerdoce et de la maternité.

~ ~ ~ ~ ~

La mission de l’association Unité

est de définir la diversité des talents dans l’unité en Dieu

L’association unité vit déjà une unité qui n’existe presque nulle part ailleurs dans l’église et elle la vit tout naturellement parce qu’elle la vit surnaturellement, en réalité.

À partir de cette unité en Dieu, doit se dégager la diversité des talents.

Le talent du Sacerdoce dans les prêtres qui en sont membres et le talent de la maternité dans les femmes qui en font partie. Cependant, ces talents ne pourraient s’exprimer sans le talent de Saint Joseph dans les hommes appelés à protéger le sacerdoce et la maternité.

En suivant l’esprit de l’Abbé Largier, notre association doit former

une communauté à la ressemblance de la Sainte Famille :

Jésus - Marie - Joseph,

chacun agissant selon son talent et sa mission.

~ ~ ~ ~ ~

Jésus

Même si personne n’ose en faire mention, les prêtres souffrent dans l’église. Il suffit de parler quelques instants à un prêtre ou d’un prêtre pour, une fois tous les poncifs évacués, rencontrer la souffrance.

Les prêtres souffrent d’être en tenaille entre des évêques et des diacres, entre une hiérarchie qui se croit supérieure à eux dans le Sacerdoce et une laïcité introduite dans l’église dans le but avoué de les remplacer, comme s’ils étaient une espèce en voie de disparition, et... une espèce non protégée qui plus est.

Les prêtres souffrent d’être devenus des pions dans une bureaucratie ecclésiastique qui les mutent comme des fonctionnaires sans jamais leur permettre de s’enraciner dans une communauté. On en a, dans chaque région de France, des exemples catastrophiques.

Les prêtres souffrent, aussi, de voir les fidèles les utiliser comme des distributeurs de sacrements, et les jeter dès qu’ils n’ont plus besoin d’eux.

Et, de leur côté, les fidèles souffrent de voir une hiérarchie les séparer de prêtres qui font du bien dans une paroisse ou de voir des prêtres-dictateurs ou des prêtres-fonctionnaires leur parler plus de politique que de religion.

La souffrance, elle est vite à nu pour qui sait voir et entendre.

Les prêtres ne sont pas mariés. Pour ceux qui n’ont pas de famille - une mère, une sœur, un frère ou tout autre appui -, la solitude est d’autant plus terrible qu’ils sont baladés d’une paroisse à une autre ou d’une paroisse à un bureau, sans jamais avoir le temps de s’enraciner.

Or, tout le monde a besoin d’amour. Les prêtres sont des être humains comme les autres.

Dieu Lui-même est Communauté d’amour.

Les prêtres ont besoin de cet équilibre qui consiste à avoir les pieds sur terre pour mieux se tourner vers Dieu, comme un arbre qui plante ses racines dans le sol pour mieux monter vers le ciel.

Bien sûr, que le vrai enracinement d’un prêtre doit être le Christ.

être enraciné dans le Christ, c’est la condition sine qua non de tout chrétien.

Néanmoins, le prêtre n’est pas pur esprit d’autant plus qu’il vit dans le monde. Il a besoin, comme tout être humain, d’une famille, d’une unité, d’une stabilité s’il veut porter du fruit, et un fruit qui demeure.

Les grands créateurs d’ordre l’ont bien compris. Saint Benoît ou Sainte Thérèse d’Avila ou tant d’autres.

Les moines vivent en communauté. Leur famille, c’est la communauté.

Les prêtres ont besoin, eux aussi, d’une famille et cette famille, c’est la paroisse.

La famille d’un prêtre, c’est la paroisse, ou c’est l’école pour les prêtres enseignants...

Mais, quelle que soit l’implantation, un prêtre doit être planté dans une terre, ne fût-ce que pour voir la réalité de la nature humaine dans sa continuité.

Où que l’on se tourne, on assiste à une instrumentalisation des prêtres : les prêtres qui ne sont plus considérés comme des êtres humains, mais comme des objets.

Ce déracinement continuel des prêtres, mais c’est la mort de leur nature humaine ! On en arrive, soit à des prêtres desséchés, soit à des prêtres brisés. Il suffit de voir le regard d’un prêtre pour plonger jusqu’à son cœur et voir cette souffrance.

Et cette folie d’utiliser les prêtres comme des pions n’est pas le fait d’un diocèse, ou d’une tendance. Tous sont atteints. Tout le monde, toutes les autorités, toutes les communautés quelles qu’elles soient, aujourd’hui utilisent ce procédé, qui leur semble efficace, d’imposer ces changements continuels à des être humains, ce qui fait que le lien entre le Sacerdoce et les fidèles ne peut plus se nouer.

Il ne peut plus y avoir d’amitié en Dieu, il ne peut plus y avoir d’unité en Dieu. C’est la machine bureaucratique à laquelle les « laïcs » doivent apprendre à obéir sans s’attacher aux hommes qui la composent, ceci en opposition directe avec l’esprit de l’évangile. L’évangile ne nous parle pas d’une machinerie, mais de Pierre, de Paul, de Jacques, de Jean, d’André, de Barthélemy, de Luc...

L’esprit de l’évangile, ce sont d’abord, les personnes, puis les familles, puis les communautés, etc., sans opposition aucune entre elles, mais dans la diversité de leur vocation.

~ ~ ~ ~ ~

Que peut faire l’association unité devant cette situation ?

Nous avons des prêtres parmi nous dans l’association et nous envoyons le bulletin à des prêtres qui n’en sont pas membres. Tous ces prêtres doivent savoir que, pour nous, ils sont le Christ dans l’église, ils sont un autre Christ. Quelle que soit leur fonction dans l’église, ils sont le Sacerdoce dont nous avons besoin pour avancer vers Dieu. Ils sont nécessaires à notre vie chrétienne. Ils sont le foyer d’amour qui réchauffe l’âme des pauvres gens.

Cette croyance est celle de l’église de toujours. Elle est d’ailleurs affirmée par le Pape Jean-Paul II qui, dans son discours sur les vocations et le sacerdoce prononcé le 6 décembre 2003, déclare que « L’église... doit... estimer le ministère des prêtres à sa juste valeur en comprenant qu’il est indispensable à sa propre vie, puisqu’il assure la permanence de la présence du Christ, dans la fidélité à l’annonce et à l’enseignement de Sa Parole (et) dans le don précieux des sacrements qui la font vivre... ».

L’Abbé Largier avait compris ce besoin que les fidèles ont des prêtres. À chaque sortie de messe, il partait dans la sacristie enlever la chasuble et se précipitait ensuite à la sortie de l’église pour serrer la main de tous les fidèles qui le voulaient. Il attendait debout un long moment parfois parce que les fidèles en semaine s’attardaient plus longtemps avant de quitter leur place. Certains priaient longuement. Mais, lui, il était là, à attendre au fond de l’église. Et ce n’est que quand le plus grand nombre était sorti qu’il consentait à parler à l’un ou l’autre parce qu’il ne voulait pas être accaparé par ceux qui le connaissaient et qui n’avaient pas peur de l’approcher avant d’avoir serré la main à tous les anonymes. Après, en revanche, il était totalement disponible pour parler à tous ceux qui avaient besoin de lui, ou pour donner les sacrements. Combien de fois n’a-t-il pas confessé après la messe du soir des personnes qui le lui demandaient !

Il croyait que la présence du Sacerdoce était nécessaire. Il croyait que le prêtre doit être totalement donné aux fidèles. Serrer la main d’un prêtre, c’est être en relation avec le Sacerdoce de Jésus-Christ.

Les foules cherchaient à toucher les apôtres, à toucher le Christ. Le prêtre dans son Sacerdoce est le successeur des apôtres. Il est un autre Christ. Telle est la perception de l’Abbé Largier et telle est notre perception.

Tout prêtre qui est dans l’association ou en relation avec l’association doit savoir que, pour les membres d’unité, il est le Christ dans l’église. C’est avec ce regard que nous contemplons le Sacerdoce dont chaque prêtre est revêtu. C’est notre rôle d’aimer le Sacerdoce de l’amour même de Marie et de Joseph pour Jésus.

Retour aux membres de la Sainte Famille

~ ~ ~ ~ ~

Marie

Après Jésus, Marie. Après les prêtres, les femmes. Certes, la société chrétienne a donné aux femmes une place privilégiée. Le confort technique, de son côté, les a libérées des tâches ménagères les plus pénibles.

Pourtant, le danger est toujours présent, danger de perdre la dignité, la liberté de mouvement, le respect qui leur est dû.

Danger qui vient aussi bien de la pornographie que des écoles de pensée prônant l’enfermement de la femme. D’objet de plaisir à objet de reproduction, la différence est minime : la femme est considérée dans sa seule dimension utilitaire, elle est l’esclave de l’homme.

Tout autre est la conception authentiquement chrétienne qui a révélé la nature plénière de la maternité, à la fois naturelle et surnaturelle.

En ce qui concerne la maternité naturelle.

~ La mère ne se contente pas de porter l’enfant du père. Elle participe, comme le père, à la création de la vie. Elle  forme elle-même l'enfant avec son sang. L’enfant « est le fruit de ses entrailles » apprend-on dans le « Je vous salue Marie ». « Il a pris chair de la Vierge Marie » affirmons-nous dans le Credo. Toute tentative pour assimiler la mère à un simple sac se heurte à la réalité. L’échec cuisant des soi-disant « mères porteuses » le prouve amplement.

~ La mère ne se contente pas de mettre un enfant au monde. Elle l’élève avec le père pour lui ouvrir l’intelligence et le conduire sur le chemin de la sainteté.

Dès la maternité naturelle, la dimension surnaturelle est présente dans le christianisme.

Et bien sûr, la maternité surnaturelle est omniprésente dans l’église par Marie.

Car, la femme a la responsabilité de la mission de Marie dans l’église, la mission de Marie à l’égard de Jésus, la mission de Marie à l’égard de Saint Jean l’apôtre au pied de la croix.

La mission de la femme, c’est d’être la Mère du Sacerdoce tout simplement.

On croit trouver la solution à la baisse des vocations sacerdotales en prônant le mariage des prêtres, alors que la baisse du nombre des pasteurs, qui peuvent se marier eux, est aussi dramatique dans les religions protestantes. Ce n’est donc pas le mariage qui va faire refleurir les vocations. Il suffit de s’en tenir aux faits. Ce qui va faire refleurir les vocations, c’est de retrouver la volonté de Dieu.

Or, la volonté de Dieu, elle est exprimée dans l’évangile par le Christ dans une des sept phrases qu’Il prononce en croix : 

« Femme, voici ton fils... Voici ta mère »,

(in Saint Jean 19, 26-27).

Le sens premier de ces phrases est que Saint Jean est donné comme fils à Marie et que Marie est donnée comme mère à Saint Jean l’apôtre-prêtre.

De plus, Marie, est appelée « Femme » par Jésus, terme universel qui étend cette mission à toute femme, car c’est en tant que femme que Marie est donnée comme mère à Jean et reçoit Jean comme fils.

L’unité du Sacerdoce et de la Maternité qui prend sa source dans la Sainte Trinité,

s’accomplit pleinement dans l’unité de Jésus et de Marie.

 

Par la Parole du Christ en croix, elle se perpétue entre Marie et Jean

pour se continuer entre chaque femme et chaque prêtre.

 

Pour toute femme,

chaque prêtre est Fils en Dieu.

 

Pour tout prêtre,

chaque femme est Mère en Dieu.

 

Telle est la relation voulue par Dieu entre la femme et le prêtre.

L’unité n’est pas naturelle et sponsale.

L'unité entre la femme et le prêtre est surnaturelle, et maternelle et filiale.

Dans l’association unité, toute femme est amenée à vivre cette maternité surnaturelle et à voir dans chaque prêtre un Fils au sens surnaturel du terme, comme tout prêtre de l’association est invité à voir dans chaque femme une Mère au sens surnaturel du terme.

Retour aux membres de la Sainte Famille

~ ~ ~ ~ ~

Joseph

Joseph, enfin, est si essentiel dans la Sainte Famille que, sans lui, ni Jésus, ni Marie, ne pouvaient vivre. Ils seraient morts.

Joseph qui fait de Marie son épouse alors qu’il n’est pas le père naturel de l’Enfant : Sans cette décision, Marie, fiancée et enceinte, était lapidée, d’après le Droit hébreu (in Saint Matthieu 1, 18-25).

Joseph qui s’enfuit en Égypte après la naissance de Jésus : Sans cette initiative, Jésus était tué par les soldats d’Hérode (in Saint Matthieu 2, 13-15).

Cependant, la mission de Joseph, elle non plus ne reste pas à un stade uniquement naturel et utilitaire. Ce n’est pas seulement une femme et un enfant que Joseph a sauvés.

Joseph a sauvé le Sacerdoce et la Maternité. Il a sauvé l’Enfant-Dieu et la Mère de Dieu.

Joseph est le protecteur du Sacerdoce et de la Maternité : sa mission est d’ordre surnaturel. Et, à sa suite, tous les hommes qui ne sont pas appelés à être prêtres sont invités à accomplir la même mission surnaturelle.

~ ~ ~ ~ ~

Trois missions dans l’église

Jésus, le Sacerdoce

Marie, la Maternité

Joseph, le protecteur du Sacerdoce et de la Maternité.

Trois missions dans l’association, missions humbles, sans caractère spectaculaire, mais essentielles pour reconstruire l’église. Car on ne peut pas reconstruire l’église sans connaître la mission de chacun.

Voilà le rôle de l’association : commencer par vivre soi-même de la vie de la Sainte Famille pour devenir un foyer d’amour dans l’église.

Dans l’esprit de Saint Jean et de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus si chers à l’Abbé Largier, telle est la façon d’être que nous aspirons à développer.